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Sep 24

Nombreux pour une alternative à gauche

Plus de cent cinquante personnes, militants, sympathisants et citoyens engagés se sont retrouvées au centre culturel d’Hennebont le 22 septembre, à l’invitation des organisations de la gauche « de transformation »(*). L’objectif: comment unir nos forces pour éviter une déroute en 2017 et permettre au mouvement social mobilisé depuis le printemps d’envisager un avenir politique.

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La tâche est ardue, tant le quinquennat qui se termine a divisé la gauche, l’a morcelée au point de voir le risque de son effacement pur et simple. Mais la tonalité de la réunion fut plus optimiste, et tous se sont accordés sur l’idée de recenser ce qui nous rassemble, plutôt que de monter en épingle nos points de désaccord.

Les questions furent nombreuses tendant à éclaircir les positions des uns et des autres. De la loi travail aux traités européens et passant par la question des alliances, les participants sont sortis de cette soirée avec le sentiment qu’une construction était possible, fragile et délicate, dans un contexte marqué par deux scrutins.

Rendez-vous a été pris pour travailler à cette construction, en approfondissant les thèmes et en travaillant la démarche politique. Des groupes de travail devraient voir le jour rapidement.

(*) EELV, Voix de gauche, Front de Gauche

 

Afin de nourrir la réflexion visant au rassemblement large de la gauche de transformation, le comité de liaison du Front de Gauche du Morbihan a commencé l’élaboration d’une charte en vue, entre autre, du scrutin législatif. Nous la livrons ici, afin de l’enrichir de vos réflexions et vos propositions par le biais des commentaires. Volontairement, des points du socle commun n’ont pas été détaillés, n’hésitez pas à nous les communiquer.

Rassembler pour changer vraiment !

Le monde va mal. Les tensions entre les humains sont nombreuses et inquiétantes. Le capitalisme, dans ses crises successives, fait souffrir les peuples et maltraite la planète.

En France, alors que les profits des entreprises du CAC40 continuent de progresser de façon indécente, les inégalités se creusent, le chômage progresse, la précarité s’installe.

Le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, contrairement aux engagements pris en début de mandat a accompagné en l’accentuant la logique de casse sociale qui fracture la société française.

Qui peut comprendre que le candidat Hollande qui affirmait hier « haïr la finance » ait fait adopter par l’assemblée nationale le CICE et ait imposé à coup de 49-3 la loi El Khomri.

Une telle trahison des engagements pris décrédibilise l’action politique, conduit à considérer que droite et gauche c’est pareil, alimente la thèse du « tous pourris » et renforce la rhétorique du Front national.

Faute d’alternative visible à gauche, la société se crispe dangereusement et se replie sur elle-même. L’hystérie identitaire développée par la droite et l’extrême droite et largement relayée par les médias, attise les peurs et les haines et pousse à des dérives liberticides dangereuses pour les fondements même de notre démocratie. L’idée même de laïcité est dévoyée pour fracturer la société.

Dans un tel contexte, Il est urgent de réagir en construisant collectivement une vraie alternative à gauche susceptible de donner de l’espoir et de réenchanter le champ du politique.

Pour cela, il est nécessaire de rassembler dans la réflexion et dans l’action, des militant·e·s politiques et syndica·les·ux, des citoyens engagé·e·s dans le mouvement associatif, ainsi que toutes celles et tous ceux, qui par leur engagement personnel récusent le néo libéralisme qui détruit les vies et notre environnement.

Faute de rassembler et de construire ensemble, la gauche de transformation sociale risque de disparaître du paysage politique et à court terme, des bancs de la prochaine Assemblée nationale.

Dans un contexte national plus marqué par l’éparpillement que par le souci de travailler ensemble, la rencontre organisée à Baud, le 1er juillet dernier, constitue une chance pour celles et ceux qui aspirent à de vrais changements.

Les échanges constructifs et respectueux, que nous avons eus début juillet, ont témoigné d’une volonté partagée d’avancer ensemble en dépassant les logiques d’appareil, pour essayer de construire dans chaque circonscription du Morbihan, des candidatures communes.

Au-delà de l’accord de principe, Il s’agit maintenant de travailler à faire converger nos points de vue sur le socle politique commun sur lequel se fonderont les candidatures et sur les principes et modalités de conduite de la campagne.

 

a) Le socle commun :

Le reproche est largement fait aux élu·e·s, quelquefois avec raison, de ne pas respecter leurs engagements une fois qu’elles et ils sont élu·e·s. Aussi nous paraît-il nécessaire d’affirmer que les principes que nous aurons ensemble validés vaudront engagement pour les candidat·e·s qui auront été désigné·e·s.

Le socle commun devrait pouvoir préciser les principes politiques guidant l’action des futur·e·s élu·e·s ainsi que les principes d’exercice de leur mandat valant en quelque sorte contrat avec notre collectif et avec les électrices et les électeurs.

Il faut éviter deux écueils : un catalogue détaillé d’engagements qui ne permettrait pas d’aller à l’essentiel et des formulations imprécises pouvant masquer des désaccords entre nous et conduire ultérieurement à des difficultés dans la conduite de la campagne.

Ceci étant précisé, nous mettons au débat quelques axes qui pourraient trouver place dans le socle politique à construire ensemble (et dont la présentation reste à définir).

Les candidate·e·s morbihannai·se·s pour une vraie alternative à gauche pourraient s’engager, dans leur activité de parlementaire sur les axes politiques suivants :

–        Sortir des politiques d’austérité.

–        Abroger la loi El Khomri et procéder à la réécriture d’un code du travail sauvegardant les droits des salarié·e·s dans l’entreprise. Mettre en place une Sécurité Sociale professionnelle, par un nouveau statut du travail salarié.

–        Interdire les licenciements boursiers.

–        Partager les richesses par la fiscalité, la limitation des écarts de salaires (1 à 20) et la taxation du grand  patrimoine.

–        Rétablir le droit à la retraite à 60 ans et consolider les 35 heures avec les 32 heures en perspective.

–        Soutenir et développer un service public de qualité et accessible à tous.

–        Créer un pôle bancaire public.

–        Sortir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe en plaçant la démocratie et le progrès social au cœur de la construction européenne.

–        Accompagner la transition énergétique par une politique active de financement des énergies renouvelables, de développement des transports publics, de rééquilibrage entre le rail et la route.

–        Favoriser les circuits courts et les productions locales.

–        Abandonner les grands projets onéreux et inutiles notamment, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

–        Abroger les lois liberticides votées sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

–        Favoriser en toute occasion les principes de laïcité, bases de la République sociale.

–        Favoriser la place des femmes dans tous les espaces publics de la vie sociale.

–        Travailler à des propositions visant à démocratiser les institutions par l’avènement d’une 6ème République.

–        Plusieurs propositions pourront porter sur sujets départementaux et locaux comme le soutien à l’agriculture paysanne et à la pêche artisanale,  la sauvegarde de la construction navale. Les dépenses de surarmement et de ventes d’armes devront être écartées. La reconversion des industries militaires devra être étudiée.

S’agissant de l’exercice de leur mandat, les futur·e·s candidat·e·s pourraient s’engager :

–        à rendre compte régulièrement de leur mandat au moyen de compte rendu de mandats ;

–        à mettre en place un dispositif de contrôle citoyen, sur la mise en œuvre des engagements pris ;

–        à soutenir tout dispositif législatif visant à limiter le cumul et la durée des mandats ;

–        à travailler à l’élaboration d’un véritable statut de l’élu.

 

b) Principes et modalités de conduite de la campagne :

L’élaboration de notre socle politique et les modalités de désignation des candidat·e·s devra être la propriété de notre mouvement naissant. L’irruption de nouvelles formes de débats et de prise de parole, la naissance de réseaux citoyens plus transversaux, incarnés, par exemple, mais pas seulement, par Nuit debout, nécessite de trouver des formes d’organisation et de conduite de la campagne intégrant l’ensemble des forces vives qui veulent construire, en Morbihan et ailleurs, une vraie alternative de gauche au néolibéralisme.

Notre mouvement devra se doter d’un collectif de campagne large, intégrant les forces organisées de la gauche d’alternative, des syndicalistes, des responsables d’associations, de mouvements de femmes, d’organisations de jeunesse, des citoyen·ne·s non adhérent·e·s, se réunissant souvent, rendant compte de ses réflexions et propositions, les mettant en débat et contrôlé en permanence dans son fonctionnement. Chaque participant·e doit avoir la conviction que tout le fonctionnement de la campagne se fera en toute transparence et clarté, et que toutes les décisions seront prises par ce mouvement.

La désignation des candidat·e·s ne devra sans doute pas privilégier la référence partidaire mais plutôt la capacité reconnue par  notre collectif à porter nos axes de campagne, à convaincre, à gagner.

Nous considérons, dans l’intérêt de la lisibilité et de l’efficacité de notre campagne, qu’il faut privilégier un suivi départemental garant d’une bonne mise en œuvre de nos principes à une atomisation par circonscription.

En outre, nous estimons, pour respecter l’engagement pris envers les élect·rices·eurs, qu’aucune négociation n’est possible avec les forces politiques impliquées dans la politique gouvernementale actuelle, en vue d’éventuelles candidatures.

Il faudra, en outre, bien préciser les modalités de financement de la campagne en prenant toutes les mesures nécessaires pour solliciter des financements citoyens, venant compléter les financements traditionnels des partis. Le collectif veillera à la transparence de la dimension financière de la campagne.

Une attention particulière devra être portée à la communication. L’enjeu de la clarté et de la lisibilité est essentiel, en portant l’effort sur les formes nouvelles de communication : réseaux sociaux, médias en ligne… Une structure ad hoc pourrait être créée aux côtés du collectif de campagne.

Enfin, nous suggérons que les principes qui seront validés au cours de notre rencontre du 22 septembre fassent rapidement l’objet d’une présentation à la presse.

 

Rencontre départementale pour une alternative

Tout au long de ces derniers mois, plusieurs initiatives, organisées dans notre territoire comme partout en France, ont permis le rassemblement de toute la gauche qui refuse le néo-libéralisme du gouvernement.

Baud 2016 (2)Le quinquennat Hollande aura été le symbole d’un système politique à bout de souffle qui ne répond plus aux urgences de notre temps. Loin de l’alternative espérée, le bilan de ces cinq années est catastrophique : restriction de certaines libertés, stigmatisation, reculs sociaux, renoncements,  accroissement des inégalités.

Dans ce contexte, l’apathie de nos institutions vieillissantes, couplée à l’immobilisme de nos appareils et de nos pratiques politiques, favorise le développement et la propagation des solutions simplistes et dangereuses de l’extrême droite, revendiquées de plus en plus ouvertement par l’ancienne droite républicaine.

Nous affirmons que notre responsabilité collective est de construire une alternative commune pour répondre efficacement aux urgences démocratique, sociale et écologique, de notre société.

Baud 2016 (1)A Baud, le 1er juillet, 80 personnes de tout l’arc de la gauche se sont rencontrés pour discuter des débouchés politiques à donner au mouvement social récent en réaction à la Loi Travail. A Guidel, le 25 mars dernier, la soirée de lancement de l’association Voix de Gauche avait rassemblé plus de 300 citoyens, encartés ou non dans un parti politique, autour de la volonté de construire cette alternative à gauche, en dépassant les logiques internes des appareils.

Le succès de ces initiatives de rassemblement dans le Morbihan a posé les jalons d’une nouvelle dynamique, fondée sur la nécessité de travailler ensemble, en prenant la juste mesure de nos différences et en s’efforçant d’harmoniser et de faire converger nos positions.

C’est dans ce but que nous proposons à toutes celles et ceux qui se reconnaissent globalement dans cette analyse une rencontre le jeudi 22 septembre à Hennebont 20 h Centre socioculturel.

Nous proposons d’y échanger sur les questions qui préoccupent les un/es et les autres ; de lister les occasions et les instances où nous pourrions agir ensemble ; de déterminer des canaux et des méthodes qui permettront de poursuivre les échanges et les actions dans les mois qui suivent.

Quelle que soit notre approche de l’élection présidentielle et la possibilité d’une candidature commune, nous pouvons, en échangeant en amont, trouver des accords pour la suivante (législative) et, surtout, semer des graines de résistance et d’espoir.

Front de gauche, représenté par Joël Gallais; Voix de gauche, représenté par Philippe Noguès; EELV, représenté par Philippe Ladame