La lourde responsabilité du conseil municipal de Ploërmel

En tant que Ploërmelais je suis attristé et consterné par ce qui s’est passé la semaine dernière: le jeudi   02 avril 2015, le Conseil Municipal a manqué l’occasion d’implanter définitivement le lycée public dans le paysage de la ville en reportant la décision du choix d’un terrain. Deux articles parus à point nommé dans le journal Ouest France (édition du 01 avril et du 02 avril) ont apparemment été suffisants pour de nouveau faire reculer le projet!

Le premier article concerne le terrain sur lequel le lycée pourrait être implanté : il est revendiqué par un club de football et un club de natation, faisant ainsi passer l’intérêt de quelques uns devant l’intérêt collectif. Jouer au ballon en hiver sur un terrain synthétique est-il à mettre sur le même plan que l’implantation d’un lycée pour la ville de Ploërmel ? Et l’implantation en centre ville est elle plus importante pour un centre aquatique que pour un lycée? Je laisse les Ploërmelais répondre à ces deux questions.

Le second article présente une étude au titre provocateur, « un lycée public pour quoi faire ? ». Cette étude s’inscrit dans la longue liste des obstacles que l’enseignement privé catholique met sur le chemin du projet depuis le vote du Conseil régional. Souvenons-nous de la première contre-étude, des déclarations de l’ancien directeur du lycée La Mennais, de la manifestation anti lycée public, qui constituent une forme de lobbying auprès des pouvoirs publics et des élus. Que ressort-il de cette étude ? Des chiffres partiaux poussés à l’extrême, un cynisme lorsqu’elle prétend défendre l’enseignement public, et surtout un scénario basé sur une absence de dynamisme démographique et de perspectives économiques. Cette étude n’est là que pour semer le doute dans les esprits avec ce scénario choisi à l’avance ! Pour une lecture critique de cette étude j’invite le lecteur à se rendre le site des infos du pays gallo: (http://www.lesinfosdupaysgallo.com/2015/04/03/ploermel-lycee-les-droles-de-chiffres-de-la-nouvelle-etude)

En fait il n’est pas forcément choquant qu’un lycée privé catholique, même si son financement dépend en grande partie de l’état et des collectivités locales, intervienne pour garder son monopole et, en effet, le scandale est ailleurs. Depuis des décennies les lycées privés de Ploërmel profitent de leur rente de situation grâce à l’assentiment de la majorité des élus. Et tant pis si le principe républicain du libre choix n’est pas respecté dans le pays de Ploërmel. Mais le 7 février 2014 la Région a fait sauter un premier verrou en approuvant le projet. Puis en octobre 2014 la Communauté de Communes à fait sauté le second en acceptant de financer le terrain. Le mouvement s’est donc amorcé, mettant plus clairement les élus devant leurs contradictions et leur manque de fermeté.

Aujourd’hui le conseil municipal est en première ligne, face à la décision. Soumis à la pression des directeurs des lycées privés, certains élus ne veulent ou n’osent pas franchir le pas décisif. Il est inutile de revenir sur tous les bénéfices qu’apporterait un lycée public. Ils ont été maintes et maintes fois avancés. Mais il est bon de rappeler qu’un élu de la République vote des décisions au nom de l’intérêt collectif. Affirmer qu’un lycée public ne répond pas à l’intérêt du plus grand nombre me semble bien audacieux. Si ce lycée ne devait pas s’implanter à Ploërmel, le conseil municipal et donc son Maire porterait une lourde responsabilité. Celle d’avoir refusé un service public attractif au profit d’un statut quo qui pour le coup confirmerait le pire scénario pour Ploërmel et son territoire.

Laurent FONTENELLE

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